Bienvenue dans l'univers des Exorcistes

Bienvenue dans l'univers des Exorcistes


BWAHAHAHA.


Nouveautés mes amis ! x))


Après la liste des prévenus -qui a été une grande avancée pour Rei, qu'on se le dise u.u xD- J'attaque un sommaire des chapitres xD *God ! Elle va pas faire ça ?! O.O* EH SI ! >8D GRANDE GRANDE AVANCEE POUR REI !! MUAHAHAHAHA !! >8D

Hum u.u Voici ledit sommaire, pour vous faciliter la tâche, je pense.

UNE FAQ EST OUVERTE
Balancez vos questions, ça m'fait pas peur ! è.é xD





Suite : Coming soon 8)
[FAQ]

__________________

Bonus - Chapitre commun avec Meiko d'Amur : Un printemps de neige


# Posted on Monday, 11 February 2008 at 3:53 PM

Edited on Monday, 23 November 2009 at 2:14 PM

Prévenus

Prévenus

Oyez oyeeeeeez damoiselles ! Ici votre Seigneur *SBAF* Auteur je disais donc u.u Ecoutez-moi, cet article n'a qu'un but ! Celui de réunir les quelques paumés lecteurs qui lisent cette fic'. Sont déjà bien gentils de lire, mais ils sont pas nombreux y_y God.

Car Rei est un mollusque voyez-vous, et son petit cerveau de coquille St Jacques lui suggére, après deux ans à tenir ce foutoir, qu'il serait avisé de dresser -enfin !- une liste de ceux qui aimeraient être prévenu des mises à jour.

D'jà ça aiderait Rei à y voir clair.

Sans blagues monseigneur ? *SBAF*

Enfin bon u.u que les prévenus s'annoncent ! xD *z'auront droit à un lien pour la peine u.u*




Rei~





# Posted on Monday, 23 June 2008 at 4:35 PM

Edited on Tuesday, 10 November 2009 at 5:37 PM

Une présentation s'impose

Une présentation s'impose


Bon, avant d'entamer ce ramassis de bordel plus communément appelé « fiction», quelques précisions sont de rigueur, mesdemoiselles. (Oui, à ma connaissance, il n'y a pas de messieurs ==')
Tout d'abord, cette portion d'histoire se situe après la bataille d'Edo, l'épisode de l'Arche et des Noah, et du Niveau 4. une partie (la seule rendue publique par le manga jusqu'à présent sans compter les scans) des révélations concernant la parenté d'Allen et du 14th ont été faites et l'Innocence type cristallin a été rendu publique. Là, se passe une modification du scénario : avant que les Bottes Noires de Lenalee évoluent, le type cristallin n'était déjà pas totalement inconnu de la Congrégation et de ses supérieurs car dans de la lointaine campagne anglaise du XIXe siècle, s'entrainait durement une autre compatible ayant vu son Innocence passer du type équipement au type cristallin.

Passons à la présentation de la nouvelle venue :


Ren est une exorciste qui a passé l'année précédant les événements d'Edo avec son maître, le Maréchal Sokaro. Bien qu'un peu brusque, ce dernier put l'«aider » à apprendre comment maîtriser ce nouveau type d'arme se matérialisant à partir du sang de son compatible.


De son nom complet, Ren Hanaoka, est une jeune fille de dix-sept ans de nationalité japonaise, elle a de longs cheveux bruns à multiples reflets roux et des yeux en amande bleus et limpides comme de l'eau de pluie. C'est une jeune personne mesurant dans le un mètre soixante-et-onze, au caractère calme, elle est posé mais très facilement irritable, parfois impulsive sous le coup d'une forte colère, elle est du genre à se jeter dans la mêlée avec ardeur mais pas sans y réfléchir à deux fois avant de dégainer.

Les lèvres de Ren cache toujours un pli moqueur ; elle est enjouée quand elle veut. Mais "avoir les yeux révolvers" (xD) s'applique parfaitement à la japonaise qui vous fusille du regard comme personne.

Ren est la compatible d'une Innocence autrefois contenue dans un katana, une Innocence baptisée Kitsune par Hevlaska, Gardienne de l'Innocence. Depuis son évolution, l'Innocence se cache dans une petite bague ornée d'une petite croix incurvée. La bague étant le résultat de la forme métallisée du sang de Ren, lors de l'activation, la bague fond d'elle-même, libérant une quantité de sang surprenante pour un si petit objet. Libérée, le flot se solidifie et modèle un élégant katana de cérémonie japonaise, composé d'une longue lame légèrement courbée, d'une tsuka tressée de soie rouge et d'un tsuba noire et ronde, ciselé d'une figure de renard en cuivre, courant après le panache de sa queue tout autour de la base de la lame. A la garde de l'arme (= tsuka) sont reliés deux rubans blancs. Lorsqu'elle se désactive, le sang s'épanche de lui-même, le flot diminue pour reprendre sa forme d'accesoire. Ren ne peut retirer sa bague.

Physiquement, c'est une jeune fille en plein épanouissement : un corps légèrement musclé, une taille svelte, une agilité et une souplesse féline. Et un maniement du sabre qui lui est propre, car Ren combine l'art de l'escrime à ses aptitudes martiales en combat au corps à corps. Dextre et rapide, la jeune fille enchaîne les coups avec fluidité, violence et précision dans un enchaînement qu'on pourrait comparer à une danse gymnaste.

Son passé est assez trouble, même pour elle.


Bon ^^ j'espère que ça ira comme présentation.

Maintenant, place à la fiction.

C'est l'entrée définitive de Ren à la Congrégation en tant qu'exorciste sur le front !


J'espère que vous prendrez plaisir à me lire, bonne lecture ! ^^


Rei~

# Posted on Monday, 11 February 2008 at 4:25 PM

Edited on Wednesday, 11 November 2009 at 2:31 PM

[ Home ]

[ Home ]


Le temps était pluvieux sur la Congrégation de l'Ombre, l'air lourd, chargé d'humidité. Du haut de sa haute corniche, la tour perçait la couche de nuages gris qui s'était abattue sur le ciel, cachant le soleil.
Une légère pluie commença à tomber. Mouillant le chemin grossièrement pavé, encadré de barrières noires et pointues menant à l'entrée principale du bâtiment, sillonnant à travers la forêt avoisinante.

Un éclair stria le ciel noir, et presque aussitôt, un assourdissant coup de tonnerre ébranla l'air. Soudain, s'abattit une pluie diluvienne, drue, violente et glacée qui mordait rudement la peau pour peu qu'elle soit un peu sensible.

- Putain...

Un juron, suivit du bruit mat d'un corps qui se laisse tomber dans la terre glaise et d'un soupir de soulagement digne d'un revenant du bagne firent l'entrée d'une silhouette encapée qui, dans un ultime effort, se hissa au sommet de la corniche avant de se laisser tomber sur le dos dans la terre boueuse, les bras en croix.

- Ca ne peut pas être pire, je crois... lança une voix féminine à un golem qui battait frénétiquement des ailes pour se maintenir en l'air.

A ces mots, la pluie redoubla soudain d'intensité, martelant furieusement la terre dans un bruit infernal. Un nouvel éclair, suivit du tonnerre.

La personne fronça les sourcils, excédée.

- A l'évidence, si ; ça pouvait être pire... Bon, allons-y, fit-elle en se relevant péniblement avec la désagréable sensation que son corps ne se constituait plus que de son tronc, ne sentant plus aucune sensation dans ses membres épuisés.

« Que la nature est cruelle... grommela-t-elle intérieurement. J'ai beau ne ressentir plus aucune force, le froid, lui, je le sens sacrément bien. »
Et cette cape de voyage, élimée et déchirée par les combats, qui ne protégeait plus de rien du tout. La vagabonde préféra s'en délester tout de suite, lourde qu'elle était, chargée d'eau et de boue.

Courant sur le chemin menant à la Porte, les bras au-dessus de la tête, elle remonta la côte au milieu des bois avec pour seul objectif en tête : se mettre au sec le plus vite possible. Sans remarquer la paire d'iris d'un bleu sombre qui la suivait des yeux depuis le couvert d'un immense chêne en bordure de chemin.

Lorsqu'elle se stoppa devant l'immense porte gravée d'une figure grotesque, la femme lança haut et fort –et presque agressivement- pour couvrir le vacarme infernal de l'orage et attirer l'attention de la figure :

- GARDIEN !!

Les yeux gravés s'animèrent soudain comme des gyrophares et rivèrent leurs feux sur la petite silhouette qui se tenait devant elle, la femme dû mettre son bras en visière, agressée par la lumière trop vive.

- Déclinez votre identité ! lança la Porte de sa voix haute-perchée, voire snobe. ETES-VOUS HUMAIN ??!! paniqua-t-elle d'un coup, en braquant ses énormes yeux sur l'intruse qui recula d'un pas, méfiante.

- Oui, bien-sûr que je suis humaine, gronda l'intéressée. Je m'appelle...

Elle ne finit pas sa phrase, sentant du mouvement dans son dos, elle fit brusquement volte-face et dégaina dans le même mouvement la dague qui pendait à sa ceinture pour contrer la lame de katana qui allait frapper son dos.

Sous la pluie de hallebardes, la fille vit un jeune homme lui faire face, il avait les cheveux longs, noirs, coiffés en queue de cheval, le visage ruisselant et dur. Ses yeux effilés et sombres la fixaient avec animosité à travers le rideau de pluie, un regard perçant, qu'elle lui rendit aisément.

- Qui es-tu et que viens-tu faire ici ? cracha-t-il d'une voix grave en maintenant la pression sur la dague de sa vis-à-vis.

- C'est comme ça qu'on accueille les nouveaux, ici ? C'est charmant ! railla cette dernière en s'appuyant d'avantage sur la lame de son « agresseur » pour lui rendre la monnaie.

Le golem noir à forme ovale qui voletait près de la tête de sa propriétaire émit alors un « bip » sonore et la voix d'un homme parvint aux deux jeunes gens :

- Allons, allons, Kanda ! Ont agresse pas les nouvelles recrues comme ça ! protesta l'homme. Le Gardien n'a même pas eu le temps de la contrôler !

- Ca me rappelle quelque chose, cette arrivée, gloussa la voix d'une jeune fille derrière celle de l'homme.

Le dénommé Kanda lâcha un sifflement irrité puis rengaina son épée, imité par la nouvelle qui lui tira discrètement la langue d'un air mi-triomphal mi-narquois avant de se retourner vers le Gardien.

- Quoi ?! Qu'est-ce que... ! s'indigna le garçon.

Le Gardien promena un instant ses yeux-gyrophares sur tout le corps de la nouvelle avant de se décider à lui ouvrir ses portes. Elle entra, suivie de l'irascible.

La pluie les avaient copieusement douchés tous les deux et une petite marre commençait à se former à leurs pieds.
La fille tourna la tête à droite, puis à gauche, englobant du regard le grand hall vide avant d'apercevoir une boule dorée sortir en trombe d'un couloir et lui foncer dessus à toute vitesse pour terminer brusquement sa course devant le nez de la nouvelle qui regardait cette drôle de bête jaune doré ornée d'une croix avec surprise. La bestiole ailée prit de l'altitude et se posa allègrement sur ses cheveux avec un soupir de bien-être. La jeune fille se retourna pour interroger la fou furieux qu'elle venait de rencontrer et s'aperçu avec mauvaise humeur qu'il était déjà parti.

Avant qu'elle ait put ouvrir la bouche, un jeune homme aux cheveux d'un blanc neige déboula à la suite de la créature en criant désespérément :

- Où es-tu allé, Timcampyyyy !

- C'est ça que tu cherches ? lança la fille, plantée dans l'entrée avec sa valise, en désignant du doigt la boule dorée qui avait élu perchoir sur sa tête.

L'adolescent tourna la tête vers la voix et son visage s'éclaira d'un sourire reconnaissant.

- Ah, tu l'as attrapé ! Merci beaucoup ! fit-il en s'inclinant respectueusement avant de remarquer...

- Mais, tu es trempée !

- J'avais remarqué.

- Tu es une nouvelle ? Enchanté, je m'appelle Allen Walker, je suis exorciste, se présenta le jeune garçon sans se démonter, en lui tendant une main chaleureuse.

La jeune fille constata un instant la main tendue du garçon derrière sa capuche avant de la saisir et se s'incliner brièvement.

- Je suis Ren Hanaoka, exorciste.

- J'ai hâte d'être envoyé en mission avec toi, Ren ! lança Allen, tout enthousiasmé de rencontrer une nouvelle compatible. Ah ! Et lui c'est Tim ! -pour tout salut, la queue de l'intéressé alla mollement s'écraser sur le visage de Ren. Viens, je t'amène au bureau de commandement !

- Je sais où il se trouve, signala Ren.

- Oh ? Eh bien, je t'en prie alors. On se voit au dîner ! A plus tard ! lui lança le blandinet en s'éloignant, lui adressant de grands signes de main.
Timcampy battit des ailes, rappelant à juste titre sa présence.

- Il a oublié de reprendre sa bestiole, soupira Ren. Bon, tu m'accompagnes alors, Tim.

Si Ren avait refusé l'offre d'Allen quant-à lui montrer le chemin du bureau de l'Intendant, ce n'était pas par mauvaise foi, mais bien parce que même si son maître et elle se sont trouvés longtemps loin du QG, tenu par ses obligations de maréchal, Sokaro devait « donner de ses nouvelles » de temps en temps, et par la même occasion, passer à la Congrégation.

Elle n'y était venue que trois ou quatre fois, mais cela avait suffit à la disciple pour se remémorer le chemin jusqu'aux labos de la section scientifique et celui du réfectoire.
Et c'est à grandes enjambées que la jeune fille frigorifiée retraça impeccablement le chemin de l'entrée jusqu'à la section scientifique qui leva à peine le nez sur son passage. Ce n'est pas qu'elle était si discrète, mais Ren avait de la compassion pour ses pauvres hommes qui passaient leurs journées et leurs veillées –voire leurs nuits- le nez fourré dans une multitude de dossiers tous semblables, se bourrant de caféine à qui mieux-mieux, une paire de lunettes vissées sur le nez pour continuer à y voir clair.

Deux compères occupaient la table la plus proche de Ren, l'un portant un casque sur les oreilles et une sacrée paire de culs-de-bouteille s'était écroulé de sommeil sur la pile de feuilles qu'il était en train de trier, semant lesdites feuilles aux quatre vents ; son compagnon de galère attifé d'un bonnet qui lui couvrait le visage jusqu'au nez, n'en menait décidemment pas plus large et, tout en grâce et en élégance, s'était effondré, la bave au menton, la joue contre le dossier qu'il rédigeait à l'encre quelques instant plus tôt.

Ren passa sans s'arrêter, les sourcils froncés par toute la concentration et la sincérité qu'elle mettait dans ses encouragements intérieurs à l'adresse de ces pauvres hommes, elle-même se rappelant aigrement de ses soirées en compagnie de son tyran de maître, passées à fendre l'air et à mouliner dans le vide avec son katana jusqu'à ce que ses gestes soient un mécanisme parfait.


La nouvelle poussa la porte de la salle de commandement et entra dans le Temple de la Paperasse en retard dans toute sa splendeur : des piles faramineuses de dossiers se pressant contre les murs de la pièce, un parterre entièrement tapissé de feuilles volantes tachées d'encre, de bâtons de cire, de livres épars et de pots renversés, si bien qu'on en distinguait plus la couleur du tapis.

« Incroyable ! Rien n'a changé : l'Intendant est toujours aussi bordélique. »

- Tiens, salut Ren ! fit une voix au fond de la salle, près des étagères, la même voix qu'elle avait entendue à travers l'½il de son golem devant la Porte.

L'interpellée leva le nez et vit un homme, grand, aux cheveux châtains et coiffés en épis, arborant une blouse blanche de scientifique.

- Commandant Reever ! le reconnut Ren.

- Allons, tu peux m'appeler « Reever » tout simplement ! lui sourit-il. Tiens, prend cette serviette, tu es trempée.
Komui arrive ; je te laisse, j'ai du travail, à plus tard !

- Bon courage !

L'homme la gratifia d'un signe de main et repartit vers les labos.

- Ah, bienvenue Ren, fit la voix endormie de Komui, qui sortit de derrière une pile de dossier tel un spectre, une paire de cernes à faire peur soulignant ses yeux bridés.

« Moins impressionnants encore que ceux de Reever. » jugea Ren.

Et des insomniaques, les laboratoires en étaient remplis.

- Bonsoir Komui, le salua Ren en s'avançant vers le divan, retirant sa capuche pour frotter sa chevelure trempée avec la serviette.

- Comment c'est passé ton voyage, dis-moi ? s'enquit le chinois en penchant la tête de côté, un sourire plissé étirant ses lèvres.

- Pas trop mal dans l'ensemble, résuma Ren, laconique.

Komui sembla s'en satisfaire.

- Le dîner est à vingt heures, tu as deux heures pour prendre une bonne douche, te changer et prendre tes aises dans ta nouvelle chambre.

- Et pour ce qui est de faire connaissance... opposa Ren.

- Avec ta nouvelle équipe ? la devança le chinois. Eh bien... tu auras droit à une présentation plus officielle demain matin ; un membre de la scientifique viendra te chercher.

Ren hocha la tête puis se leva pour sortir après s'être brièvement inclinée devant l'Intendant.

- Bonne soirée, Komui.


Ren monta dans les étages, à la cherche de sa chambre, elle croisa beaucoup de monde : des trouveurs qui flânaient par petits groupes, riant et plaisantant de choses et d'autres, quelques personnes habillées soient de l'uniforme noir soient de vêtements normaux qui marchaient seuls ou par groupes de deux ou trois. Enfin, quel que soit leur uniforme, toutes ces personnes croisaient Ren sans faire attention à elle, bien qu'elle marchât tel un spectre en errance avec son capuchon sur la tête, abritant toujours Timcampy.

Au bout d'une heure, la nouvelle trouva sa chambre, elle poussa la porte : c'était une pièce moyenne, sobrement décoré sans pour autant être macabre. Un lit -assez grand pour s'y étirer de tout son soûl- occupait l'angle droit du fond, près de la grande fenêtre cachée par des rideaux autrefois blancs, rendus grisâtres par la poussière. Une commode de bois vétuste et poussiéreux sur laquelle étaient disposé un chandelier et plusieurs bougies disséminées ça-et-là, un haut vase blanc d'où émergeaient trois énormes roses d'un rouge sombre, baignées dans le clair de lune naissant par la fenêtre. Le meuble était disposé contre un mur et surplombé d'un grand miroir décoré de dorures ternies, opaque de poussière et fissuré en son haut coin gauche.

Des étagères vides, une table de chevet, un bureau et un tabouret occupaient le reste de la chambre.

« C'est pas trop mal, après, reste à aménager un peu. » songea Ren en déposant sa valise près du bureau.

Le golem ovale jaillit de son col mouillé et alla se poser sur la table de chevet, au dessus du réveil, où il replia ses ailes noires pour s'éteindre, tel une minuscule chauve-souris.

La jeune fille retira son capuchon et se délesta de ses vêtements trempés et de ses bottes pour les mettre à sécher sur la bombonne d'eau bouillante dissimulée entre un coin et une étagère. Elle constata l'heure indiquée par les aiguilles de son vieux réveil : 19h10.

« Autant faire un peu de ménage et de rangement tout de suite et aller aux bains plus tard. » décida Ren en remontant ses longs cheveux humides sur sa nuque à l'aide d'une pince avant de commencer à ranger.

La jeune fille commença par ouvrir en grand sa fenêtre et s'emparer d'un chiffon pour nettoyer son mobilier. Elle astiqua avec soin le miroir et ses dorures, réapprovisionna les roses en eau, débarrassa commode, table de chevet et étagères de tout grain de poussière, secoua tapis et rideaux par la fenêtre et rangea ses maigres affaires dans les tiroirs et la penderie avant de se laisser tomber sur son matelas avec un soupir de soulagement. Les aiguilles indiquent 19h50.
La jeune fille reprit ses vêtements, désormais secs et tièdes, prit ses affaires de toilette dans un sac qu'elle jeta sur son épaule et sortit de sa nouvelle chambre pour se rendre au réfectoire du bâtiment.


Elle poussa les deux grandes portes de la cantine et s'y engagea d'un pas ferme. Quelques têtes se tournèrent vers elle. L'immense salle rectangulaire était bourdonnante d'activité et de conversations, d'hommes vêtus de noir, de blanc qui allaient et venaient, plateau en main, une véritable marée de têtes rousses, blondes, brunes et noires s'étalait derrière ces hautes portes.

« Bah putain, vingt heures pétantes, c'est l'heure de pointe ! C'est pire que des vieux ! » s'effara la jeune fille en se dirigeant vers le comptoir de Jerry, sous les regards curieux des quelques attablés qui avaient levés le nez à son entrée.

Une fois servie, son plateau entre les mains, Ren s'engagea dans l'allée qui séparait la salle en deux à la recherche d'une table pas trop encombrée. Se faire quelques amis d'accord, mais c'était pas une raison pour partager le repas entassés les uns sur les autres.

Elle promena tranquillement son regard cristallin sur les tables, ignorant les curieux qui la dévisageait avec insistance et les messes basses -qui formaient à présent un grondement ambiant- lorsqu'elle aperçut une chevelure blanche se détachant de la masse. La silhouette d'Allen agitait vigoureusement les bras dans sa direction, il était assis en compagnie d'une femme aux cheveux foncés et bouclés, d'un jeune homme aux cheveux d'un roux flamboyant et d'une adolescente avec de courts cheveux noirs.


Assis avec Lavi, Miranda et Lenalee, Allen bondissait sur son banc, comme monté sur ressorts, en agitant les bras, euphorique.

- C'est elle ! Ren !! On est là !

La jeune fille leva le nez et sembla les voir. Lavi, le rouquin, manqua de s'étouffer avec sa bouchée de viande. Une... nymphe, un genre de demi-déesse... c'étaient les premiers qualificatifs qui venaient à l'esprit du jeune homme en voyant la jeune femme aux longs cheveux d'un brun cuivré qui avançait vers eux d'un air neutre. Sa démarche était légère et assurée. Elle s'assit à sa droite. Elle avait un visage fin encadré d'une épaisse cascade de cheveux d'un brun aux multiples reflets roux, un teint de porcelaine sur lequel se reflétaient ses traits doux et princiers et où perçaient deux yeux d'aigle, en amande, aussi bleus et clairs qu'une source de montagne : un regard perçant et glacé.

- Merci de l'invitation, fit la nouvelle d'une voix plutôt douce. Agréable à entendre, son timbre clair résonnait aux oreilles comme un chant aux notes cristallines.

« Ce qu'elle est jolie ! » chuchota discrètement Miranda à l'oreille de Lenalee à sa gauche.

- Mais c'est tout à fait normal, assura chaleureusement le maudit. Oh, hum, voici Lenalee Lee, la...

- S½ur de Komui, coupa Ren en séparant ses baguettes dans un claquement sec. Lavi nota que le ton n'était pas cassant, il signifiait juste qu'elle était déjà au courant, le nom de Lenalee étant sur toutes les lèvres de la section scientifique comme étant leur seule oasis dans ce monde d'exploitation.

- Enchantée, fit la chinoise en tendant la paume à Ren, son habituel sourire bienveillant aux lèvres.

Ren posa ses baguettes dans un léger « tac » sur le bord de son bol de soupe, et alla déposer ses doigts sur ceux de la jeune fille qui les lui pressa amicalement, en lui rendant son beau sourire avant de se tourner vers son voisin, le garçon aux cheveux roux.

- Par contre, toi, je n'ai pas le plaisir de te connaitre.

Tiens, Ren se trouvait excessivement polie parfois.

Lavi se redressa de toute sa hauteur assise, et pointa un pouce un brin prétentieux sur sa poitrine, un grand sourire étirant ses lèvres, son seul ½il d'un vert pétillant de malice.

- Moi, c'est Bookman Jr., je suis l'héritier des Bookmen, mais tu peux m'appeler « Lavi » !

Ren arqua les sourcils.

- Bookmen ? Les « Archivistes » ?

- Ouaip' !

Ren lança un sifflement admirateur.

- On n'aurait pas dit, comme ça...

- Gh...

Le rouquin courba brusquement l'échine comme sous le choc d'une grosse enclume imaginaire portant l'inscription « Attitude puérile ».

Allen pouffa dans sa main, une brochette à moitié entamée de dangos dans l'autre imité par les gloussements de Miranda et Lenalee.

- Enchantée de te rencontrer, Lavi, fit Ren avec un sourire amical en tendant sa main pour rattraper sa gaffe.
Le jeune homme releva la tête et capta l'air avenant de la jeune femme, et serra sa main dans la sienne, sans rancune.

« Elle est trop jolie pour que lui en vouloir ! » songea-t-il mentalement avec un sourire d'idiot.

- Je suis Miranda Lotto, se présenta Miranda en serrant à son tour les doigts de Ren. Elle frissonna, c'est qu'elle avait les mains froides !

- Je m'appelle Ren Hanaoka, je suis exorciste, se présenta Ren en se tournant tour à tour vers Miranda, Lavi et Lenalee.

- Tu étais en formation avec le Maréchal Sokaro, au Pays de Galles, mon frère me l'a raconté, fit Lenalee en se penchant en avant.

- Hm, répondit Ren en pêchant un morceau de légume saumuré dans son potage pour le porter à ses lèvres.

- C'est curieux, tu as les cheveux sombres et la forme des yeux en amandes des asiatiques, pourtant ta peau est toute blanche et tes yeux sont bleus, nota Miranda.

- Je suppose que je devais avoir un parent européen, oui, renchérit Ren en réfléchissant, sa paire de baguettes sur les lèvres. Je suis japonaise.

- Ah ! Encore une, fit Lavi.

- J'ose presque ne pas demander avec quel genre d'arme elle se bat, marmonna Allen.

- Ca, vous le verrez en temps voulu, trancha Ren en commençant à boire le contenu de son bol.

Ah !

La japonaise sembla se souvenir d'un détail déplaisant car ses traits firent la moue. Elle reposa son bol et lança :

- Et le fou furieux qui m'est tombé dessus en arrivant, qui était-ce ?

Allen se mit en mode bouderie et croisa les bras sur la table.

- C'était Yu ! ria Lavi.

- Yu ?

- Yu Kanda, c'est notre épéiste, ajouta Lenalee. Il est parfois un petit peu... asocial.

Ren la dévisagea avec la tête de quelqu'un qui l'avait déjà remarqué.

Allen leva le nez sur l'énorme horloge au dessus des têtes.

- A cette heure-là, il a déjà dîné à mon avis. Il doit être aux bains.

- Je ferais bien d'y passer, moi aussi, soupira Ren en constatant en plissant le nez que ses cheveux étaient toujours ternis de poussière.

- Nous avons des bains pour hommes séparés des bains pour femmes par une cloison et un peu plus loin, des bains mixtes, exposa Lenalee.

- Et des douches communes également, renchérit Allen.

Ren hocha la tête et avala un onigiri.

- D'accord, dans ce cas, je vais aller faire un tour aux bains, annonça la jeune femme en se levant de table. Bonne soirée à vous.

Elle sourit une dernière fois avant de s'incliner légèrement et d'emporter son plateau vide, laissant les quatre amis à leur table.

Allen était un peu déçu que Ren soit partie si vite, ils n'avaient pas beaucoup eu le temps de parler, et ce qu'elle leur avait laissé pour toute consolation, c'était un Lavi rêveur.

- Elle était drôlement jolie, hein ? fit le rouquin en sortant de sa transe.

- C'est vrai, renchérit Miranda, souriante. Elle semble un peu renfermée mais elle me fait bonne impression, cette petite. Enfin, je suppose qu'après tout ce temps passé avec le Maréchal Sokaro.

- C'est clair qu'il doit pas être le meilleur des confidents, le bonhomme ! Elle a dû garder tous ces soucis pour elle pendant plus d'un an ! ajouta le jeune archiviste.

- On dirait une poupée de porcelaine, observa Lenalee. Blanche, froide, et pourtant si jolie.

« C'est vrai, songea Allen en regardant le plafond, mais qui-sait ce qu'elle nous réserve ? »


# Posted on Tuesday, 12 February 2008 at 5:05 PM

Edited on Monday, 10 August 2009 at 2:43 AM

[ De nouveaux visages et une première mission ]

[ De nouveaux visages et une première mission ]


Un soleil d'automne se lève sur la Congrégation de l'Ombre, les premières effluves du petit-déjeuner se répandent dans les couloirs, les sonneries de réveil, significatives des 7h 30 du matin s'entendent à travers toutes les portes de chambres. Certains, réveillés par leur horloge interne descendent déjà vers le réfectoire, l'estomac dans les talons, d'autres préfèrent mettre leur réveil hors d'état de nuire et traîner au lit, ou d'autres encore, supportent mal d'avoir à se lever dans le bruit de si bon matin...

« Dring ! Dring ! Dring ! »

-Hummmmm...

« Dring ! Dring ! DRIIIIIIIIING ! »

- CA VA, J'AI PIGE !! ╬

Dérangeant le golem posé sur le réveil, Ren s'empara avec sauvagerie du déplaisant appareil bruyant et le jeta de toutes ses forces par la fenêtre ouverte.

- Va au diable, saloperie, grogna Ren en se passant une main dans ses longs cheveux en bataille, empêtrée dans sa chemise de nuit et ses draps.

La jeune femme se leva d'un pas gauche et tituba de sa démarche du matin jusqu'à la penderie où elle avait hâtivement balancé ses quelques tenues et en sortit une robe noire moulant le buste, légèrement bouffante et décorée de dentelles bordeaux au col et aux manches mi-longues, ainsi que des collants sombres et une paire de chaussures à talons plats noires également.

La japonaise s'habilla à son rythme, encore dans le brouillard, et passa devant son miroir fraichement dépoussiéré.

- J'ai des valises sous les yeux... soupira Ren en constatant ses cernes mauves qui tranchaient de façon presque morbide avec la pâleur de son teint diaphane. J'ai pourtant bien dormi, songea-t-elle en brossant distraitement ses cheveux avant de les rassembler pour les torsader sur une épaule.

Elle sortit de sa chambre après avoir remis de l'eau dans le vase, son golem perché sur son épaule, elle referma la porte derrière elle.

Une délicieuse odeur de toast grillés et de confiture vint lui chatouiller le nez. Mise en appétit, Ren s'étira de toute sa hauteur au milieu du couloir et poussa un soupir de bien-être, puis marcha le nez en l'air jusqu'au réfectoire.

Une fois de plus, elle poussa les grandes portes et entra dans le réfectoire bondé. Se dirigeant vers Jerry en cherchant du coin de l'½il les quatre exorcistes de la veille, Ren ne vit pas la personne qui attendait son plateau au comptoir et lui rentra dedans.

- Ah ! Je suis dés...

- Tu ne pourrais pas faire attent...

Il était grand, au moins une tête de plus que la japonaise, avait une longue queue de cheval et un sabre sur la hanche. Ren l'avait déjà vu... C'était le jeune homme de la veille, à l'entrée.

- Toi ?! firent-ils en ch½ur en se reculant l'un de l'autre, comme s'ils s'étaient brûlés.

- Hum ? Que ce passe-t-il, mes chatons ? ♥ fit Jerry en passant sa tête tressée à l'africaine par l'ouverture de son comptoir, son énorme louche à la main. « Oh ? » fut sa seule réaction devant les deux japonais qui se fixaient dans le blanc des yeux avec animosité.

Un regard hautain et froid contre des yeux effilés d'un bleu charbonneux. L'électricité était palpable autour des deux jeunes gens. Le match aurait pu durer si...

- Oh ! Cette petite a un regard de reine ! Quelle assurance ! Elle est à croquer ! ♥ s'exclama le cuistot en se jetant au cou de Ren au dessus son comptoir, brisant l'échange de mauvais regards.
S'emparant de son plateau, l'épéiste fit volte-face sans un semblant d'attention pour Ren qui continua néanmoins de fusiller son dos des yeux.

- Il est détestable... grinça-t-elle entre ses dents.

- Ah, ce n'est pas de sa faute, ce petit a toujours été comme ça, soupira Jerry en le regardant s'éloigner, ses deux bras toujours soudés autour des épaules de la jeune fille.

- Ca fait combien de temps qu'il est ici ?

- Kanda ? Il est dans l'Ordre depuis qu'il a treize ans, il me semble.

-Je vois... Dites, vous comptez rester pendu à mes épaules encore combien de temps ? Il y a des gens qui attendent.

- Oh ? Tu as raison !

Ondulant comme une anguille, Jerry reprit sa place aux fourneaux et pointa la japonaise de sa louche démesurée.

- Tu es nouvelle, n'est-ce pas ? Laisse-moi me présenter, je suis Jerry, le cuistot, et je sais tout faire, demande-moi tout ce que tu veux ! ♥

Il était comique. Ren ne put s'empêcher d'étouffer un sourire dans sa main et passa sa commanda avec une bonne humeur nouvelle.

- C'est comme si c'était fait, mon chaton !

Son plateau en main, Ren rejoignit Allen et les autres et s'assit à côté de Lenalee.

- Bonjour.

- Bonjour, Ren ! la salua Allen. Cette robe te va très bien, tu sais ?

- Ah bon ? Hum... eh bien, merci.

- Bonjour ! la saluèrent en ch½ur Lenalee et Miranda.

- Bonjour. Hm ?

Un jeune homme était assis à côté d'Allen, il avait une tresse blonde et l'air particulièrement coincé, remarqua Ren en posant son modeste fessier sur le banc.

- Inspecteur Howard Link, pour vous servir, Ren Hanaoka, sortit le blond d'une traite sans quitter des yeux son assiette, que dis-je, son avalanche de sucreries et pâtisseries en tout genre.

Désarçonnée par sa courte tirade, Ren perdit l'équilibre au moment de s'asseoir.

- Ahem, euh, enchantée Inspecteur.

- Mais tu peux l'appeler Link, plaça Allen en souriant.

- Tiens, tu as pris beaucoup de miel, Ren ! Tu comptes aller t'entraîner après le petit-déjeuner ? questionna Miranda en beurrant sa tartine.

- Pardon ? fit Ren, un morceau de toast suspendu en l'air. Quel rapport y avait-il entre un petit-déjeuner arrosé au miel et l'entraînement ?

- Eh bien, commença l'allemande en levant un index pour réclamer l'attention, ravie d'étaler sa science, le miel est excellent pour les sportifs car quand on se dépense, on a besoin de glucides et le miel en apporte en quantité ! Additionné au citron ça vous fait consommer des glucides et de la vitamine C, c'est le mélange parfait pour les sportifs !

Tous le monde sembla ébahi par la prestance de Miranda pendant son explication et vu son habituelle timidité, c'était on ne peut plus compréhensible. Les lèvres de Ren s'étirent en un léger sourire.

« En voilà une discussion instructive !»

- Ca m'a l'air bien compliqué, ce que vous racontez.

- Tiens, je me demandais où tu étais toi, observa Ren en tartinant généreusement ses toast de confiture.

- On vient d'apprendre que le miel était très bon pour la santé, fit Lenalee.

- C'est vrai ?-Il marqua une pause, en observant le dos de Ren, il eut une idée

- Moi aussi je veux apprendre, à travers tes baisers doux comme le miel... susurra Lavi à l'oreille de la japonaise d'une voix sensuelle digne d'un roman de série B. Aaah, ce serait le paradis...♥

- Ok, je t'envois au paradis quand tu veux, rétorqua Ren du tac-au-tac en apposant un couteau de table sur le cou de l'exubérant archiviste.

Le rouquin sentit le contact froid du métal contre sa gorge et se replia vite fait, agitant ses mains devant lui, il éclata d'un rire gêné et saccadé.

- Ah ha ha ha... ! Non merci ! Le ciel peut attendre...

- Bien ! éluda Ren en enfournant une cuillerée d'½ufs brouillés.
Allen, Miranda et Lenalee éclatèrent de rire devant cette drôle de scène, Link resta perplexe et engloutissait sa montagne de sucre en silence.

Sifflotant, Lavi déposa son plateau et prit place à côté de la japonaise, prêt à engloutir son petit-déjeuner.

« Oh, du yaourt et des madeleines ! ♥ songea Ren avec une pointe d'envie en constatant le contenu du plateau de Lavi. J'en prendrais aussi demain matin. » Elle se concentra de nouveau sur sa propre assiette mais le rouquin observateur avait intercepté le furtif coup d'½il intéressé de la jeune femme, il esquissa un sourire lorsqu'elle se remit à manger ses ½ufs.

- Tu aimes les madeleines ?

- Pardon ?

La nouvelle tourna la tête et se trouva face une cuillère de yaourt surmontée d'un morceau de madeleine.

- Ouvre la bouche, lança Lavi, tout sourire.

Ren le fixa en haussant un sourcil, essayant de juger s'il se fichait d'elle ou non. Apparemment pas. Nom d'un chien...

Ren prit la cuillère tendue devant sa bouche et l'enfourna elle-même.

- C'est très bon, merci.

- T'es pas drôle, Ren, marmonna Lavi en un semblant de bouderie.

La main de la jeune fille se crispa sur son toast miellé.

« Pas drôle, hein ? »

Un étrange sourire se dessina sur son visage.

- Lavi ?

- Oui ?

- Fais « Aaaah » ! ♥ minauda Ren en présentant sa tartine devant la bouche du rouquin.

Une atmosphère pesante tomba sur les épaules jeunes gens attablés qui se voûtèrent aussitôt : c'était une autre personne !

Link eut une grimace dégoûtée. Lavi, cependant, ne se méfia de rien et ouvrit un four gargantuesque.

- Tiens, et étouffe-toi avec ça ! lança la jeune femme avec un sourire démoniaque en enfonçant brusquement la tartine dans la bouche de l'archiviste qui passa par toutes les nuances de rouge possibles avant d'avaler.

« Cette fille passe d'un extrême à une autre ! » fut la pensée commune de la tablée.

- Mais t'es folle ! Pourquoi t'as fais ça ?! pleurnicha Lavi en se massant la gorge, la langue pendante.

- Pour l'honneur de mon humour, répliqua la japonaise en terminant son assiette.

Soudain, une voix masculine s'exclama à travers tout le réfectoire.

- Reeeen !

L'interpellée se retourna sur son banc. Reever, un chargement de dossiers faramineux en dangereux équilibre dans un seul bras, venait de l'appeler en porte-voix depuis la colonnade qui longeait le mur du réfectoire vers la porte d'entrée.

- Je viens ! lança-t-elle précipitamment.

La jeune femme vida d'un trait sa tasse de lait et se saisit de son plateau.

- J'y vais, on se voit toute à l'heure ! lança-t-elle à l'adresse de ses camarades, avant de filer rendre son plateau.

Allen et les autres la virent ensuite rejoindre le commandant et le décharger d'une partie de ces dossiers avant qu'il lui lance un sourire reconnaissant et ne lui murmure quelque chose. Quelque chose qui fit sourire la jeune femme brune.

- Hein ? Elle nous fait signe de venir aussi ? fit Lenalee en voyant la japonaise leur faire signe de la rejoindre. Reever ajouta quelque chose à l'oreille de Ren, cette dernière fit la grimace avant de décrocher son regard de la table des quatre exorcistes et de l'inspecteur blond en se mettant sur la pointe des pieds pour tenter de localiser quelque chose ou quelqu'un.

En rejoignant le scientifique et l'exorciste sur le pas de la porte, Allen calqua son regard bleu-gris la trajectoire sur celui de Ren et rencontra la silhouette assise de Kanda à quelques rangées de tables de là.

- Il doit venir aussi, laissa tomber Ren du bout des lèvres.

- Je vais le chercher, se proposa Miranda.

- Non, laisse, j'y vais, la coupa la japonaise en déposant sa pile dans les bras de Lavi avant de se diriger à grandes enjambées vers la table du kendoka.

- Kanda, appela-t-elle en arrivant dans le dos de l'intéressé. Komui nous a demandé dans son bureau, tu es de la partie aussi.

Il se leva de mauvaise foi.

- Tu pourrais au moins répondre, non ? s'énerva Ren.

- T'es agaçante à brailler comme ça, siffla Kanda en croisant la japonaise, épaule à épaule.

Ren tombait des nues, elle crût qu'elle allait l'étrangler, elle expira profondément et parvint à se calmer avant de rejoindre les autres.

Doublant le jeune homme, Ren rejoignit le groupe au trot et se hâta de reprendre la charge qu'elle avait laissée à Lavi. On divisa les documents et chacun se retrouva avec une part équitable -excepté Kanda qui marchait en retrait.

- Je ne comprends pas pourquoi il est aussi désagréable, chuchota Ren de but-en-blanc à l'oreille de Lenalee en désignant Kanda d'un léger coup de tête.

- Il a toujours été comme ça, avec tout le monde, répondit la jolie chinoise avec une pauvre esquisse de sourire. Ce n'est pas parce c'est toi, ça n'a rien de personnel, j'en suis persuadée. Et quand tu seras témoin des relations qu'il entretient avec Allen, tu comprendras pourquoi ça n'a rien de personnel !

- Ils ne s'entendent pas ?

- Disons qu'ils ont des points de vue différents, mais je pense que Kanda ne considère pas Allen comme son pire vis-à-vis. Je pense plutôt qu'ils n'arrivent à communiquer que par le biais d'une prise de bec.

- Je vois.


Reever tira sur la poignée de la salle de commandement.

- Levez les genoux, que personne ne trébuche, conseilla-t-il aux jeunes personnes à sa suite.

On appliqua la recommandation au pied de la lettre, et monde prit soin de bien lever haut les genoux pour ne pas se rétamer sur la différence de niveau entre le sol du couloir et le parterre de dossiers du bureau de Komui massé derrière la porte.
Komui attendait déjà au centre de la vaste pièce circulaire, debout près d'un voltaire disposé face à l'habituel canapé vert criard.

Ren regarda par-dessus l'épaule de Miranda ; le frère de Lenalee capta son regard et lui sourit en tapotant légèrement l'accoudoir du grand fauteuil.
D'une démarche qu'elle aurait souhaité un peu plus assurée, Ren se sépara du groupe pour aller se poser sur le rembourrage de cuir écarlate du siège alors que les cinq exorcistes s'entassaient sur l'espace permit par le canapé. Link sembla préférer garder un minimum d'espace vital et resta debout près d'Allen, son air fermé toujours imprimé sur son visage.

- Bonjour à vous six, j'espère que vous avez passé une bonne nuit, commença l'Intendant d'un ton joyeux. Alors, comme vous avez pu le constater, hier, nous est arrivé de la lointaine campagne anglaise, cette charmante demoiselle, j'ai nommé Ren Hanaoka. Elle est exorciste, comme vous cinq.
Comme pour étayer ses dires, Ren hocha légèrement la tête.

- Aujourd'hui, j'aimerais vous montrer quelque chose, reprit Komui plus sérieusement. Ren, tu peux leur montrer, s'il te plait.
Le groupe remarqua un léger froncement de sourcils de la part de la demoiselle, mais celle-ci obtempéra malgré tout et présenta à contrec½ur sa main gauche. L'annulaire était orné d'une petit anneau rouge.
Les autres ne semblèrent pas comprendre ce que sa main avait de bien spécial.

- C'est sa bague, marmonna Kanda, l'air renfrogné. Son Innocence a évolué au type cristallin.

- BINGO ! Kanda remporte la première manche ! claironna Komui en applaudissant vigoureusement dans le silence pesant de la pièce.

Ren dévisagea Kanda fixement, le visage neutre, le japonais lui rendit son regard sombre et énigmatique.

Pris d'un même réflexe, le groupe glissa un regard aux bracelets rouges entourant les chevilles de Lenalee.

- Alors, commença Allen, si tu es restée si loin du QG tout ce temps...

- C'est parce que je devais perfectionner son évolution sans prendre le risque de perdre le contrôle et blesser quelqu'un.

- Pourquoi n'en étais-je pas informé, Komui ? s'emporta soudainement Lavi. Si un deuxième cas était apparu, j'aurais dû... !

- Ca c'est un point que tu régleras avec ton grand-père, trancha Komui.

- Bookman était au courant ? s'enhardit Ren en se retournant vers l'Intendant.

- Et pour tout te dire, Lavi, le deuxième cas de cristallisation ici présent, ce n'est pas Ren Hanaoka, c'est Lenalee Lee !

- Quoi ?

- Ce phénomène a été répertorié pour la toute première fois, il y a un an ! Et le sujet était Ren !

L'annonce de l'Intendant avait visiblement coupé le sifflet à toute la petite troupe.

- Bon, continua le chinois, en se qui me concerne, je pense que le meilleur moyen pour des exorcistes de faire connaissance est de partir en mission ensemble.

Ren, Lavi, vous restez, les autres, sortez. J'ai justement une mission pour vous deux.

Excepté le rouquin et la brune, le groupe d'exorcistes sortit de la pièce avec un léger signe signifiant « On se voit plus tard ! »

- Bien, il semblerait que des akumas tentent de dérober une Innocence découverte en Irlande, dans les environs de Dublin. Allez vous débarrassez d'eux et veillez sur l'Innocence. Vous partez demain aux aurores !

- Compris ! acquiescèrent les deux intéressés en hochant la tête. Tous deux reçurent le document contenant les détails de la mission avant de repartir prévenir leurs amis et aller préparer leurs valises. Demain serait une longue journée ne put s'empêcher de songer Ren en se couchant ce soir-là.


# Posted on Friday, 15 February 2008 at 2:51 PM

Edited on Friday, 28 August 2009 at 6:27 AM